Vedette curseur

Coucou les amis.

Ca fait longtemps. 
J'espère que vous allez bien. 

Je vais pas faire comme si on s'était quittés il y a deux jours. Parce que ça fait plus de 9 mois. 9 mois sans une ligne écrite sur ce blog. 9 mois d'abandon. 

Je crois qu'on s'est quittés au moment de mon premier stage de césure. Après cela, il y a eu la recherche d'un autre stage, et puis le dit stage. Ensuite, j'ai été acceptée au master 2 que je convoitais tant. Après il a fallu chercher un contrat d'apprentissage et puis le signer. Et on se retrouve maintenant, deux semaines après la rentrée. 

Je suis retournée sur les bancs de la fac début septembre avec un mélange de stress (on change pas une équipe qui gagne), mais aussi un peu d'excitation. Du stress parce que c'est tout moi. Parce que j'ai peur de ne pas être à la hauteur et parce que j'ai peur de tout, tout court. Excitation malgré tout parce que c'était officiellement ma dernière rentrée. Je suis contente d'apprendre à nouveau et de retrouver mon statut d'étudiante.

Quand j'essaye de penser à l'année qui vient de s'écouler, je ne vois qu'un gros bazar qu'on a du mal à lire (un peu comme ce post).

J'ai d'abord travaillé beaucoup trop pour beaucoup trop peu d'argent. J'ai appris à sortir de ma coquille parfois, et souvent difficilement. J'ai tout le temps douté de mes capacités, mais j'ai toujours donné le meilleur de moi-même et j'ai énormément appris. J'ai aimé ce que j'ai fait.

Il y a aussi eu des périodes où j'ai eu le sentiment d'être au fond du trou. J'ai fait des rencontres un peu toxiques parce que je voulais me prouver que j'étais une personne forte. J'ai joué avec les limites, j'ai fait du mal et je me suis finalement faite prendre à mon propre jeu. 
Heureusement, j'ai aussi rencontré des personnes que j'aurai aimé croiser plus tôt. De celles qui t'aident à prendre une grande inspiration avant de se relever à nouveau. Une énième fois. 

Je me suis demandé si le fait d'avoir arrêté d'écrire était une chose positive. Peut-être une preuve que j'étais en train de remonter la pente. Je crois finalement que je n'ai fait que mettre mes sentiments de côté pendant toute cette année. Parce que j'étais plus capable de les gérer en plus du travail. Alors j'ai arrêté de penser. Je me suis levée les matins parce qu'il le fallait en me laissant entraîner par la routine et ce fameux "métro - boulot - dodo". Mais les démons ne sont jamais bien loin. J'ai commencé à écrire dans un nouveau carnet et je crois que ça m'a fait du bien.

Alors me revoilà. Je ne sais pas pour combien de temps et je ne sais pas  non plus si c'est vraiment reparti. J'ai peur de me relire parce que j'ai oublié comme je vous écrivais et comment on écrivait tout court. J'ai peur de parler dans le vide, même si je reconnais que je ne en voudrai pas de m'avoir oubliée. 

J'espère en tout cas que tout va bien pour vous. Donnez-moi de vos nouvelles. Racontez-moi tout. 


Tinhy.


On ouvre nos paupières closes et ça va.

Ca fait bizarre de se retrouver face à cette page blanche. Ca fait longtemps. J'ai peur de ne plus réussir à trouver les mots et les tournures de phrases que j'avais l'habitude d'employer. J'ai peur d'avoir oublié comment je vous parlais. 

Je crois que je n'ai rien écrit depuis octobre. Il m'est déjà arrivé de ne rien publier pendant plusieurs semaines, mais pas pendant autant de temps. Durant les périodes où cela arrivait, j'écrivais souvent des brouillons que je ne publiais pas, mais j'écrivais tout de même et je passais de temps ou temps pour me rappeler de cet endroit que j'aime tant. Pourtant, je ne me suis pas connectée ici depuis octobre. Pendant un moment, j'ai cru que j'avais perdu ce qui me donnait l'envie d'animer ce blog. Je pensais que j'avais laissé "Tinhy" s'éteindre. C'est peut-être arrivé, je ne sais pas.

Pendant tout ce temps, je me suis enfermée dans une routine où le travail, mon stage, prenait la majorité de mon temps. J'ai travaillé beaucoup d'heures supplémentaires et j'en suis arrivée à un total de près de 50 heures par semaine. Je ne sais pas si je suis épanouie dans ce que je fais, mais je fais mon travail, je le fais correctement et mes supérieurs sont satisfaits de moi. A côté de cela, j'ai laissé tombé tout le reste. J'ai laissé tombé le blog, j'ai arrêté d'écrire, arrêté de lire, de regarder des films, arrêté de jouer de la musique et de voir mes amis. Pour autant, je n'avais pas l'impression d'aller mal. Je crois en fait que j'avais arrêté de ressentir quoi que ce soit. Je pense que j'étais devenue une sorte de robot qui fait les choses machinalement et qui ne ressent plus rien à l'intérieur.

J'ai commencé à craquer lorsque j'ai réalisé que mon stage se terminait bientôt et qu'il fallait donc que j'en cherche un nouveau pour début janvier. Là, il a fallu commencer à penser à nouveau, à se projeter, à réfléchir à l'avenir. Je n'ai pas réussi. J'ai commencé à beaucoup angoisser, à me mettre une pression folle et à avoir beaucoup de mal à prendre des décisions. J'ai essayé pourtant, j'ai vraiment essayé. Je crois que c'est à ce moment-là que je me suis rendue compte que cela n'allait pas. Et puis on m'a fait remarqué à plusieurs reprises que j'avais perdu du poids. Je ne m'en étais pas rendue compte, mais j'avais quasiment arrêté de manger : une barre de céréale au petit déjeuner, un grignotage à la cafet' le midi et c'était tout. J'ai perdu 3 kilos depuis cet août et je suis arrivée à un poids que je devais faire en entrant au lycée. 

Ce qui me fait peur, c'est que je suis incapable de m'imaginer et de me construire un avenir. Ca a toujours été le cas, mais jusqu'ici, j'avais réussi à m'en sortir en prenant des décisions pas trop compliquées et en me laissant guider par un chemin pré-construit en fonction de ce qu'on attendait de moi. Aujourd'hui, il me reste un stage, puis une année d'alternance et j'aurai un métier. En septembre prochain, j'aurai choisi un chemin pour l'avenir et cela me terrifie. 

Ce qui me terrifie aussi, c'est que tout ce processus a l'air tellement simple pour les gens qui m'entourent. Je ne pense pas qu'ils se mettent dans un état pareil. C'est comme s'ils savaient parfaitement quoi faire et quoi dire alors que c'est si compliqué pour moi. 
J'aimerais bien faire une pause. Pas forcément longue, mais juste le temps de me poser les bonnes questions et de découvrir ce qui m'anime vraiment et ce qui me rendrait vraiment heureuse. Mais ce serait aussi prendre le risque de tout perdre et je ne peux pas abandonner après tous les efforts que j'ai dû fournir pour arriver jusqu'ici. Je ne sais pas.


Mais ça va, ça ira.